Des coups et des bonbons

 

Il y a des textes comme celui-ci qui empoignent le lecteur avec vigueur, attrapent son petit cœur et donnent une signification au titre d’ « écrivain ». Ici, les mots ne sont pas vains, la prose pose et impose son rythme, la cadence est parfaite, prendrez-vous un dessert ? non merci, la satiété me guette.

 

Et celui qui souffle les mots dans la bouche de Marthe, la narratrice, est bien un homme, mais quel homme ! Un poète. Nicolas Clément. Deux prénoms pour celui qui s’est fait un nom. Et pas un nom d’oiseau, non non non, un nom d’esthète, un nom tout court dans le paysage bien terne de la littérature française. C’est donc un écrivain sur le qui-vive, qui fait vivre la langue et laisse sur la nôtre un goût d’amertume et aussi de réglisse.

 

L’histoire d’une enfance fanée par la cruauté, d’une famille morte qui exhorte à la vie de la rendre meilleure, unie, sans railleries ni regards moqueurs. Une histoire triste et belle comme le monde, une histoire comme peu en racontent, sur le lien sacré entre un frère et une sœur. Tout, Sauf les fleurs.

 

CLEMENT Nicolas, Sauf les fleurs, « Buchet Chastel », coll. Qui-vive, 2013.

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