Des sexes désossés, du sang et de l’éther*

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Il y a les saumons qui remontent le courant,

Il y a les salafistes qui descendent le Coran,

A Paris l’atmosphère est lourde comme un sac de pierres grises,

L’urgence est là,

Pour le climat, les attentats.

Et nous, spectateurs apeurés de notre propre extinction, idiots et nombrilistes,

Attendons, et répétons

Les erreurs du passé,

Comme une brindille collée au pied, enfoncée dans la boue, tout contre la semelle.

Et nous parisiens cloîtrés,

Laissons le monde se défaire,

Une pelote de laine coincée, qui, bientôt, ne sera plus qu’un fil,

Qu’un fil bientôt ne sera plus,

Serré bien que ténu autour du cou de la Terre, pendue,

Qu’un fil décousu, des pensées flottantes

Sur la fonte des glaces,

Les ours noyés, les peuples affamés, les islamistes dégénérés réjouis,

Le pétrole, l’or noir, les femmes voilées, les palmiers,

Tout partira,

Inéluctablement,

Tout s’en ira,

La peur, la faim,

La bêtise, l’ignorance, la foi,

Et même Dieu se perdra

Quand ni la lune ni l’étoile du Berger ne pourront nous guider.

 

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*Titre emprunté aux paroles du morceau Etat d’urgence de Bernard Lavilliers.

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