Détachement impossible… pour les beaux yeux d’Adrien

 

Pas besoin d’avoir un paquet de mouchoirs avec soi, plutôt un moral d’acier. Car il est difficile d’opter pour une posture détachée face à ce film puissant et dérangeant. Si vous êtes en Licence de Lettres et que vous vous destinez au professorat, je crains que ce film vous passe l’envie d’enseigner à jamais. Cependant « Detachment » est un cri d’amour et de désespoir lancé à cet admirable métier qui a pour dessein la transmission du savoir. Les réflexions sont justes et incroyablement actuelles à l’heure de la communication effrénée, internet, Facebook, twitter, Youtube, etc.

Oui à la lecture, oui au savoir, oui aux études, oui aux professeurs, oui au délice suprême qu’est la connaissance, oui à la culture, oui au respect et oui à la tolérance. Car le lycée est le prélude à l’infamie qu’est le racisme sous toutes ses formes, à l’ostracisme et à l’injustice.

 

Des personnages attachants parcourent ce film qui dresse non seulement un état des lieux de la profession mais aussi s’interroge sur la solitude, la prostitution, le mal-être, l’exclusion, la perdition et l’enfance. Adrien Brody, magistral, porte le film de bout en bout. Attention particulière portée à l’esthétisme. Le traditionnel tableau noir à craies est sublimé par des dessins, métaphores joyeuses ou illustrations poétiques des scènes qui se jouent.

Bref, courez-y le cœur léger et expliquez-moi ce que vous comprenez aux intermèdes face caméra. (Encore une bonne raison d’y aller)

Une réticence cependant : la caméra HD portée à l’épaule. Au secours ! Elle dénote d’un manque de professionnalisme, on a l’impression que c’est un élève qui a tourné les scènes depuis la cour de récré. Dommage… Cela n’enlève rien au propos, heureusement.

 

Alors, attachement farouche pour Detachment.

 

« Detachment », un film de Tony Kaye avec Adrien Brody, Christina Hendricks, Lucy Liu, James Caan, Marcia Gay Harden.

Date de sortie : 1er février.

 

2 réponses à “Détachement impossible… pour les beaux yeux d’Adrien”

  1. Somebody dit :

    Excusez-moi, mais la technique de la « caméra hD portée à l’épaule » ne connote certainement pas un manque de professionnalisme. Cela donne une nouvelle dimension au film.. On se rappelle du très bon Children Of Men … M’enfin, tout est subjectif, hein !?

    • L'insolente dit :

      A chacun sa perception en effet… Il ne me semble pas que ce soit cela qui impulse une dimension nouvelle au film.
      Mais c’est la grande tendance du cinéma aujourd’hui. Je suis une puriste (donc conservatrice), probablement ! Et les superbes plans séquence des « Fils de l’homme » sont sans commune mesure avec ceux de Tony Kaye…

Laisser un commentaire