#La danse

Les regards étaient libidineux. Les cheveux sales. La transpiration glissait le long de leur colonne vertébrale, léchant les chemises en coton des danseurs endiablés. C’était cela. Ils avaient le diable au corps, ces énergumènes.

J’assistais malgré moi à un déferlement de mouvements tout azimuts, comme une procession folle de pantins désarticlulés. Telle une profession de foi de désespoir exacerbé. L’équilibre était incertain. Les vapeurs d’alcool parfumaient les haleines, épiçaient les rires gras, tournicotaient dans l’air depuis le bar jusque sur la piste de danse, la machine à rêves.

L’élégance remisée au placard avec le manteau, il ne restait plus que des corps brouillons, gommés, en pointillés, sursautant, suçotant des pailles, chaussures délacées. Assez.

DanseLa Danseuse, Degas, in National Gallery of Scotland.

Laisser un commentaire