Il faut sauver le soldat Royal

 

Mon job, c’est sourire. Ce n’est pas nécessairement ce que je fais de mieux, du moins c’est ce que l’on attend de moi. Sourire. Attention, pas comme vous, affublés de glaces à l’italienne ou à l’eau, sourires idiots plaqués sur les lèvres à regarder les bateaux amarrés au quai que vous n’aurez jamais. Non. Sourire avec un éclat royal qui est le mien. Sourire de toutes mes dents sans basilic coincé dans les gencives à la fin du repas.

 

Sourire le matin et aimer ça. Sourire l’après-midi aussi. Sourire enfin au dîner en guise d’en-cas. Sourire à mes invités, sourire de bon aloi, sourire sans hésiter, sourire, et en faire grand cas. Car mon sourire à moi, vaut de l’argent. S’il est d’or, c’est de son équivalent en monnaie qu’on l’apprécie vraiment. Les tabloïds se l’arrachent.

 

Je n’ai pas le droit à la parole, pas que je n’ai pas autant de choses stupides à dire que vous. Mais de vos banalités, je me prévaux. On me préfère mon sourire à mes mots, et à ceux qui le valent bien, j’offre mon rire cristallin.

Mourir d’ennui en représentation et sourire. De tout son soûl sourire. De vous voir poireauter ahuris sous la pluie, à guetter mon passage sybillin, et sourire. De tout mon éclat, sourire.

 

A en vomir sourire.

Avoir pour tout état celui-là. A la vie, à l’amour, mais surtout à l’ennui, à la Cour. Sourire d’être servie. Par le Père, le Fils, le Saint-Esprit. D’un sourire pieu qui fait de vous des envieux. Vous vous délectez de ma classe de mon port de tête, mes discours ne sont pas car je n’en ai guère le droit. Mon choix c’est sourire, mon envie, mon plaisir.

 

Quand vous vous agglutinez sur votre canapé devant la télé, c’est me voir sourire que vous attendez. Seulement, détrompez-vous, ce n’est pas à votre tendre attention que je réserve ma rangée de dents, c’est à mon époux, le prince charmant. A mon miroir, à mon ego.

Vous, les badauds, vous n’êtes que mon pâle reflet, vos yeux renvoient ma superbe image. Ce n’est pas vous que je vois mais moi, à qui vous vous vouez. Vous me vouvoyez, c’est bien normal, you know who I am ? I’m a first lady, a dutchess. Je suis Sœur Sourire pour mon plus grand déplaisir.

Kate Middleton s’acquitte merveilleusement bien de sa tâche. Elle sourit avec classe.

 

En revanche que dire de Valérie Trierweiler qui vient de faire montre de sa méchanceté, sa jalousie, son envie ? La trahison moderne dont elle est l’égérie, via un « tweet » pour être dans le vent, un vent glacial de scélératesse qu’elle a soufflé depuis l’Elysée, est à honnir, à bannir.

 

Valérie chérie, rappelle-toi bien ceci : reste à ta place et tais-toi. Mais par pitié, par Toutatis, fais-le bien : en souriant, gaiement !

3 réponses à “Il faut sauver le soldat Royal”

  1. Olivier dit :

    Oui, mais alors que dire de la maladresse politico-sentimentale du Sieur de la République (pourquoi je fous une majuscule à République moi ??). C’est de lui que provient l’erreur première. Il force la main de Valérie.

    • blog.linsolente@gmail.com dit :

      Il est clair qu’Hollande pourrait se séparer de Trierweiler comme on congédie un collaborateur incompétent. Elle a foutu en l’air cette deuxième partie des législatives en faisant montre d’une méchanceté et d’une bêtise incroyables alors qu’il aurait fallu s’outrer de la façon dont l’autre greluche de Morano a dragué l’électorat FN…

      De là à dire qu’il lui force la Main (celle de Valérie, avec majuscule !) je ne suis pas d’accord. Il a plutôt du mal à la (re)tenir. Cette affaire digne du Sun a éclaboussé le Sieur de la res publica (une envie de parler latin) et lui a ôté de sa superbe. Mais tout va bien, Madame la Marquise !

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