Israël et palestine : des regards

Le Serment sur Arte

 

 

Admirable série que celle que la chaîne Arte nous a proposée hier soir.

 

Les deux prometteuses premières parties réfléchissent à l’épineux conflit israélo-palestinien et font écho à l’article du « Canard Enchaîné » de ce mercredi, annonçant les hostilités nucléaires de la part de l’Iran envers Israël prévues pour cet été…meurtrier.

 

Si le jeu de mots laisse à désirer, c’est bien qu’il sera difficile de se plonger dans les yeux bleus marine d’Isabelle Adjani pour échapper à la violence du désir d’Ahmadinejad de rayer de la carte Israël avec le concours aimable de tant de pays arabes. Les israéliens, qui eux-mêmes ont spolié les palestiniens de leur terre après la Diaspora, puis la Shoah.

 

Le Serment, série de Peter Kominsky, revient donc sur cette période de l’histoire mêlée à celle d’aujourd’hui. Les militaires anglais victimes des attaques terroristes de l’IRGOUN en 1946 et les cafés israéliens qui explosent du fait des kamikazes palestiniens. C’est avec justesse que les comédiens soulignent la complexité de ce conflit, l’inextricable haine que se vouent juifs et musulmans, par-delà le mur de la honte érigé par les extrémistes israéliens au pouvoir, privant ainsi l’accès aux écoles pour les petits palestiniens happés dans cette guerre, qui semble ne vouloir finir jamais.

 

Nous sont présentées des images d’archives glaçantes de la libération des camps de la mort de ces rescapés qui vont ensuite subir une seconde fois la honte et la déshumanisation en étant parqués comme des animaux dans des camps sur leur Terre promise, en raison des quotas imposés par la Grande-Bretagne sur le nombre de juifs acceptés en Israël.

 

Un scenario bien ficelé, des dialogues percutants, des allers et retours dans le temps font de cette fiction un document de réflexion estimable.


Le cheminement intellectuel que va mener un fils après avoir été marqué par cette scène de son enfance donne le ton :

 

Un jour, son père lui montre un champ appartenant à des palestiniens et un champ cultivé par des israéliens. Le premier est désertique, aride et chaotique tandis que le second est vert, cultivé, et foisonnant de vie. Le père démontre ainsi à son fils ce que, selon lui, les juifs ont été capables de faire en cinquante ans, de ce que les palestiniens n’ont pas été capables de faire en deux millénaires.

 


Le Serment
est remarquable par sa sobriété, son implacable justesse, sa pluralité de points de vue permettant de proposer non pas un regard mais des regards sur cette guerre israélo-palestinienne.

Dans l’attente impatiente de la suite vendredi soir prochain !

Laisser un commentaire