Je suis Lou de toi

Jusqu’à maintenant je ne pouvais pas l’encadrer. Enfin, c’est surtout qu’elle n’apportait pas grand chose dans le paysage artistique français. Parce que jouer la grande fille rock’n'roll (pas qu’elle y soit pour grand chose dans sa taille remarquez) cheveux en bataille, chemises de bûcheron hype, et rouge à lèvres rouge sang en couverture des magazines, ça ne fait pas pour autant ni une icône, ni même juste un talent.

 

La brindille fille de Jane Birkin et Jacques Doillon s’est donc essayée tant au manequinat qu’au cinéma. Sans marquer les esprits.

La demi-soeur de Charlotte Gainsbourg, fille de l’immense génie Serge, n’a pas eu peur de se frotter à la chanson. Et Dieu sait qu’ y en a marre des chanteuses sans voix qui murmurent des textes en anglais en se prenant pour des poètes !

Et puis au-delà de la prédisposition du nom (ici, de la famille recomposée toute entière), Lou Doillon s’est entourée d’Etienne Daho qui m’a toujours prodigieusement agacée avec ses mimiques en chantant, son ton de voix, ses arrangements, ses textes. Enfin, la totale, quoi !

 

En mauvaise langue que je suis, je me suis dit lors du tapage médiatique de la sortie de son disque : « encore une qui ne sert à rien, mais qui est pistonnée. » Un soir sur Taratata, la grande gigue a succédé à Beth Ditto sur le plateau pour un live pour le moins surprenant. Et ce n’est pas un filet de voix qui jaillit faiblement et résonna dans les amplis, mais bien un timbre étonnant, intéressant, une formulation jolie comme des champs de blés en été. Bref, un ravissement, une révélation pour l’auditeur. Comme quoi, on peut être et mauvaise langue (c’est absolument déléctable, vous devriez essayer) et reconnaître (un tout petit peu) ses (infimes) torts sans se tordre le cou. Car le tort tue. Héhé. Je me devais de la faire. Et de le reconnaître tel un lièvre, plus vite que la tortue.

Bon, direction (amusée) vers le site internet de la grande gigue (on peut tout de même rester mauvaise langue…un peu !) et découverte mitigée de l’ensemble de l’album. Deux morceaux retiennent l’attention de celui qui sait écouter. L’incontournable « I.C.U. » peut-être dû au matraquage médiatique – Du Grand journal au 13h de France 2 – et le joli morceau « Jealousy » qui ravit les papilles (quoi ? comment ça on n’écoute pas avec les papilles ?!) grâce à la voix rauque délicieuse de Lou.

Je n’entends pas, thanks God, l’insupportable Etienne Daho, mais bien la grande gigue qui n’a guère besoin que d’une guitare sèche. Ce n’est pas Bob Dylan ni Léonard Cohen évidemment. N’empêche.

 

Allez (vite, vite) écouter son morceau sur Youtube, enregistré lors d’un live sur le plateau de l’émission « Acoustic » sur TV5 Monde. Et vous chantonnerez toute la journée « Jealousy, the way you treat me… » Je chante faux, et alors ?!

Doillon, je suis Lou de toi.

Laisser un commentaire