M comme… Monsieur Devos

 

 

J’ai reçu un pli par coursier. Jamais compris pourquoi ça s’appelait comme ça, un pli. Certes l’enveloppe est un papier plié, ainsi que le courrier que l’on glisse à l’intérieur : on se plie en quatre pour le faire rentrer, en le pliant en deux, évidemment. Dans ce cas, plutôt qu’un « pli », il aurait fallu appeler ça « des plis ». Bref, j’ai déplié la lettre, j’ai lié les phrases les unes aux autres et sans plisser des yeux, je l’ai lue. Un éclat de rire, d’un homme plié en deux m’a interrompue. Je me suis demandé si un pli abîmait ma veste car j’étais froissée par son fou rire. Il avait l’air d’un fou, sans rire, sa langue se déliant ainsi sans faux pli. Je me suis pliée à son délire : lire mon pli plus loin.

 

Comment rendre un hommage à ce grand monsieur, sans maladroitement l’imiter ? Raymond Devos, monstre sacré de la scène, amoureux éloquent des mots de la langue française, malicieux amuseur et grandiloquent showman, est un génie du plat pays qui manque cruellement à l’humour français. Aucun adjectif n’arrive à la cheville de cet énergumène fou.

 

Où êtes-vous Monsieur Devos ? Où sont passés votre sourire espiègle, votre nœud papillon d’un autre âge, votre costume bleu ciel, votre monumental bidon, votre œil coquin maquillé de noir, vos jeux de mots en cascade, votre exaltation fantasque, vos extravagances musicales, vos délicieux tours de magie fantaisistes ? Où est passée votre imagination débordante, où se cache votre humour sans pareil ?

 

Je me le demande bien, et vous le dis le cœur gros, vos facéties résonnent encore depuis le théâtre jusqu’aux oreilles de ceux qui savent rire, de ce rire savant, intelligent, et merveilleux, que vous seul, aviez l’immense talent de provoquer.

 

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