Nausée

 Tombée de ma chaise

A coup de selfie sur le crâne, j’ai la migraine.

J’ai 27 ans et outre l’âge fatidique qui est le mien et relatif à la mort de Basquiat, Kurt Cobain, Jimi Hendrix, Brian Jones (non je n’ai pas fini), Janis Joplin, Jim Morrison (c’est une liste exhaustive), Robert Johnson et Amy Winehouse, je veux clamer haut et fort que je hais la société d’aujourd’hui, celle à laquelle j’appartiens.

La société du vide. Le néant est roi, la bêtise son vassal, et c’est abyssal la taille de la Cour qui la constitue. Manants et braves gens, tous se gargarisent de la vacuité de notre communauté nombriliste. L’ego domine les êtres, la jalousie et la curiosité aussi.

Certes, cela n’est pas nouveau, mais leurs formes sont différentes. Notre société voyeuse s’affranchit des frontières. La morale est piétinée, le sens commun dérouté. On veut du salé, un bout de fesses, une star de télé-réalité. On veut du rêve, des dollars par milliers, des footballeurs le short sur les chevilles, on veut du crade, du sale, du dégoûtant servi sur un plateau d’argent, on veut du kitch, du bling-bling, on veut voir la petite culotte de l’Elysée, on veut mais on n’oublie d’être. De raisonner, de conscientiser, d’aiguiser son esprit critique, de penser la chose publique, réfléchir la politique, lever le nez, arrêter d’être pressé, angoissé, martyrisé, lobotomisé. Prendre le temps de lire, et moins d’obéir à la dictature de la bien-pensance. Halte au feu, à l’entre-soi, aux réseaux sociaux, à la vie virtuelle, c’est à dire, hors du réel. Voter ? Pensez-vous ! J’en tombe de ma chaise. Halte à l’abstention, à la grogne imbécile, au refus d’être citoyen. Halte au mécontentement extrémiste indigeste.

Regardons notre terre malade, pansons ses plaies que nous avons ouvert béantes, mangeons sereinement, voyageons en pensée, et aussi en avion, en train, en voiture électrique, à bicyclette, oui Montand, soyons au présent, sans oublier le passé. Essayons d’être l’égal du poulpe pour une fois. Essayons de ferrer notre intelligence au service des autres, de l’art, et des rêves. Oh oui, puissions-nous rêver un peu plus !

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