#Shabbat shalom

Le jour du Shabbat était toujours un jour plaisant. Il n’y avait qu’à se laisser porter jusqu’à la synagogue avec mes frères, et sur le chemin nous discutions toujours joyeusement. Bien sûr depuis la maison nous connaissions le chemin par coeur, donc pas besoin de réfléchir.

Nos pieds avançaient tous seuls sur les pavés parisiens, nos pas étaient prestes et légers. Maman nous laissait partir les premiers avec papa pour aller prier. Elle restait à la maison cuisiner pour la fin du jeûne. Elle nous embrassait en nous disant qu’on était très élégants, et c’est vrai que je nous trouve toujours beaux sous nos grands chapeaux noirs.

Mes tantes, mes cousines, ma soeur et maman venaient nous rejoindre en fin d’après-midi, et elles me faisaient coucou depuis les balcons de la syna.

J’oublie toujours les gargouillis de mon estomac quand on arpente les rues du sixième arrondissement. Je marche fier devant, et les gens souvent les yeux écarquillés nous regardent passer, l’air ahuri. On nous montre du doigt mais moi, je crois que c’est à cause de notre raffinement, et que les passants aimeraient bien de temps en temps quitter leurs bermudas, t-shirts ou costumes-cravates pour nos ensembles noirs de la dynastie Loubavitch.

Ils vont danser maintenant

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