Ta bouche aux lèvres d’or

 

Ta bouche aux lèvres d’or n’est pas en moi pour rire

Et tes mots d’auréole ont un sens si parfait

Que dans mes nuits d’années, de jeunesse et de mort

J’entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde

 

Dans cette aube de soie où végète le froid

La luxure en péril regrette le sommeil,

Dans les mains du soleil tous les corps qui s’éveillent

Grelottent à l’idée de retrouver leur cœur

 

Souvenirs de bois vert, brouillard où je m’enfonce

J’ai refermé les yeux sur moi, je suis à toi,

Toute ma vie t’écoute et je ne peux détruire

Les terribles loisirs que ton amour me crée.

 

Paul Eluard in « Capitale de la douleur » – 1926.

 

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