#These boots are made for walkin’

La soirée ressemblait à toutes les autres. Les décolletés tapageurs se croisaient, se toisaient, se jaugeaient. Les hommes ne savaient plus où donner de la tête. La vulgarité s’était donnée rendez-vous à la même adresse. Adresse que je côtoyais voilà bien trop longtemps désormais.

J’étais las de ce cirque, invariablement cette séduction placide, attendue, le résultat couru d’avance.

Pourtant j’étais là, assis devant ma bouteille de Ruinart hors de prix alors que je détestais les bulles, et mon magnum de vodka. Trop d’alcool pour un seul homme.

En un instant fugace elle avait glissé devant mes yeux. Elle se mouvait avec grâce, bien qu’un petit air dédaigneux se lisait sur son visage. Je craquais. Le temps d’une respiration, j’étais à sa suite. Telle une cendrillon des temps modernes, elle gravissait le grand escalier kitch en épaisse moquette qui buvait les sons. J’étais obnubilé par ses grandes bottes en daim noir qui piétinaient les grosses fleurs rouges. Marvin Gaye entonnait « Ain’t no mountain high enough ». Des odalisques m’obstruèrent le passage.

Elle avait disparu. Ne me restait plus que cette image floue néanmoins gravée dans la rétine : cette veste en satin japonisante, ces longues jambes bottées, et ce short bien trop court…

These boots are made for walkin

Laisser un commentaire