Youpi ! c’est la rentrée

 

Adieu mer, soleil, farniente. Bonjour pollution, métro, grisaille. Adieu veaux, vaches, cochons, couvée. Bonjour velib’, taxi, bitume et scooters. Eh oui, toutes les bonnes choses ont une fin. (Je me poserai bien en faux de cette expression débile, hélas, ainsi va la vie – et le bonheur.)

 

Si on a quitté son bateau (genre !) pour regagner son petit appartement de la capitale, c’est contraint. Mais si on troque ses polars pour Hemingway, c’est un choix. Histoire d’oublier que l’Automne nous ouvre ses bras, que le chemin de la rentrée des classes a remplacé le chemin de brindilles sèches sous les pins parasols qui mène à la plage privée, et bien on lit « Paris est une fête ». Et on est heureux d’être rentrés.

 

La Closerie des Lilas revêt son habit d’antan, le plus beau qui soit. A l’aube des années folles, des poètes, de Paul Fort à Blaise Cendrars, des savants et des professeurs, des scientifiques et des auteurs, tous ayant fait la guerre, s’y côtoient.

Un roman comme une ode à la vie parisienne.

Un roman comme une bulle de champagne, léger, aérien et lumineux.

Un roman comme une autobiographie, drôle, vivant et sincère.

Un roman comme une déambulation dans la vie du prix Nobel, qui fréquentait Gertrude Stein, Ezra Pound, Scott Fitzgerald et tant d’autres intellectuels que nous aurions aimé connaître.

Un roman, qui, comme le titre de son dernier chapitre, rend un hommage vibrant à un « Paris (qui) n’a jamais de fin. »

 

Ernest Hemingway, qui haïssait son prénom, met le lecteur en garde :  » (…) ce livre peut être tenu pour une oeuvre d’imagination. Mais il est toujours possible qu’une oeuvre d’imagination jette quelque lueur sur ce qui a été rapporté comme un fait.  »

 

Ainsi soit-il. La lueur de ses mots est éblouissante. Youpi ! Je suis rentrée à Paris.

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HEMINGWAY Ernest, Paris est une fête, Gallimard, Paris, 1964.

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